Me
revoilà pour la suite x) Merci à celles qui ont
déjà commencé à lire, ça fait
plaisir ! =D

C'est sur un ton
légèrement agressif qu'elle avait répondu. Pas
violent en lui-même, mais avec une pointe de mépris
qui en plus de ne pas lui aller du tout, était parfaitement
superficielle.
- Et alors ? Tu vas me dire que d'un coup tu t'intéresses
à moi et que tu veux faire copain-copine, peut-être ?
Arrêtes ton char Tyler.
- Suis tes propres conseils, Jones.
Ce mec m'impressionera toujours. En plus d'un ton glacial qui ne
peut faire autre chose que de vous remettre en place dans n'importe
quelle situation, il a le don de repérer le moindre
détail qui vous insupporte et de l'utiliser ensuite contre
vous pour mieux vous faire craquer. Je remercie le Ciel de ne pas
lui avoir donné la passion pour l'espionnage, il aurait fait
un carnage ! Qu'on l'appelle par notre nom de famille était
le détail qui insupportait ma soeur, ces derniers temps.
Peut-être parce qu'il lui rappelait notre... provenance. Elle
avait tourné la tête vers lui, mais j'ai
remarqué qu'elle avait vite fermé les yeux.

Et voilà, on y est. A partir
de ce moment là, j'ai compris. J'ai compris ce que j'aurais
du remarquer depuis plusieurs mois... Depuis deux ans avant ce
soir-là, plus exactement. Vingt-quatre mois de mascarade,
pendant lesquels j'avais été totalement berné
par ma soeur... Pendant lesquels j'étais aveuglé par
l'envie d'oublier... ou par l'oubli lui-même, je ne sais pas
vraiment. Gardant les yeux fermés, elle avait utilisé
un ton brisé. Simplement brisé, comme s'il ne restait
plus rien de la Ridann toujours joyeuse et souriante, comme si
enfin elle dévoilait sa faiblesse.
- Qu'est-ce que tu cherches ? Tu penses que tu vas arriver à
me faire croire que tu es là parce que tu as pu lire en moi
comme dans un livre ouvert et que ça y est, maintenant la
pauvre déprimée a enfin trouvé une
épaule sur laquelle s'appuyer ? Et si on parlait de toi,
hein ? Tu crois qu'il est scellé à jamais,
verrouillé avec le meilleur cadenas au monde, ton foutu
livre ?
Ce qui m'avait alors
échappé, et qui ne m'était apparu que plus
tard dans la nuit où, incapable de fermer l'oeil, j'avais
retourné la scène dans tous les sens, c'était
la personne que ma soeur avait choisi pour montrer ce
côté de sa personnalité. On ne se brise pas les
os à cacher que l'on a mal à tout le monde pendant
deux ans pour le ressortir au premier inconnu venu ! Car c'est
vrai, même si Tyler et Ridann se connaissaient, comme le brun
l'avait fait remarquer, ils s'évitaient à peu
près tout le temps depuis que l'on avait
emménagé dans la maison, à l'époque.
Merde, j'étais à ce point aveugle, il y a deux ans ?!
(A croire que chaque tournant de l'histoire connait un intervalle
de deux années, c'est pas possible !...)
- Calme-toi, avait-il
répondu. Il avait un ton bien moins cassant, presque
rassurant. Je ne viens pas pour jouer les psychologues, c'est
vraiment pas mon truc, tu sais. Seulement, je ne comprends pas.

- Qu'est-ce que tu ne comprends pas
? Elle s'était un peu radoucie à son tour.
- Toi. Tes gestes, tes sourires, tes
expressions, tes attitudes... Ils sonnent faux. Atrocement faux. Un
peu comme les miens.
- On n'est pas doués pour
jouer la comédie, hein ?
- Pourquoi, Ridann ? Cette question
m'obsède, tu sais. Pourquoi est-ce qu'elle se force
coûte que coûte à lui faire croire que tout va
bien ? Maintenant c'est à toi que je la pose. Je ne partirai
pas avant d'avoir eu ma réponse, tu sais ?
- Oui, je sais. Elle avait
marqué une légère pause. De mon
côté, tout commençait à basculer, miette
par miette. Et pourquoi tu essaies de lui faire croire que tu as
oublié ? Que tout est du passé, maintenant ? Tu avais
raison, Tyler, toi et moi, on est pas si différents. On
refuse tous les deux d'admettre l'évidence.